Maison des parents de Jules Verne

Bas-Chantenay

Références

Auteur :

Le Bec Frédérique ; Caudal Gaëlle ; Absalon Olivier

Date d’enquête :

2012

Commanditaire :

Région Pays de la Loire / Ville de Nantes.

Historique

Commentaire historique :
En 1778, la parcelle est occupée par une "maison et jardin appartenant au sieur Courault". La bâtisse présente une seule aile en retour, côté est, et des jardins en contrebas de l'habitation. Cette "maison à la campagne", qui figure sur le cadastre de 1837 avec les deux ailes en retour, est achetée par Pierre et Sophie Verne en dans la première moitié du XIXe siècle. Jules Verne, futur écrivain, est alors âgé de 14 ans. La famille Verne, élargie avec cousins et cousines, vit dans cette propriété six mois de l'année, du printemps jusqu'à l'automne, elle réside sur l'île Feydeau au cœur de Nantes le reste de l'année. La maison et le jardin offrent, à l'époque, un superbe point de vue sur la Loire et les bateaux. Depuis Chantenay, ils peuvent aller rendre visite, par le bac de Couëron, à l'oncle voyageur Prudent Allotte de la Fuye, "confiné dans sa propriété de la Guerche près du Pellerin". C'est dans cette maison que l'écrivain conçoit "De la Terre à la Lune" et "Vingt mille lieues sous les mers", deux titres du cycle des "Voyages extraordinaires". En 1886, après la mort de Sophie Verne, la maison de Chantenay est vendue. La propriété est aujourd'hui divisée en plusieurs appartements et un cabinet médical.
Datation des campagnes principales de construction :

2e moitié 18e siècle;18e siècle

Auteur Historique :

auteur inconnu

Description Architecturale

Commentaire descriptif :

La maison est disposée en U avec deux ailes en retour et s'ouvre au nord sur la rue des Réformes, en face de l'église Saint-Martin. Sur la cour, côté nord, le corps de bâtiment principal présente un rez-de-chaussée et des combles. Avec le dénivelé sur le jardin, côté sud, la façade présente deux étages. La porte d'entrée est axée sur la façade nord. Le faîtage de la couverture ardoisée est parallèle à la rue avec des croupes sur les versants ouest et est qui descendent sur les ailes en retour. L'aile ouest fait l'angle avec la rue Eugène Le Roux (ancienne rue Jules Verne). Cette partie de la maison est couverte avec une toiture à brisis et terrasson ardoisés. La couverture de l'aile, côté est, présente un versant sur la cour et deux demi-croupes nord et sud. Côté est, cette aile en façade nord est percée au rez-de-chaussée d'une devanture commerciale. La façade sud s'ouvre sur le jardin avec un perron et un escalier à deux volées. Trois lucarnes surmontent les travées de baies, côté sud. Les façades ont fait l'objet de nombreux remaniements. Une partie du jardin a été empiété dans les années 1950 pour construire le futur lycée Bougainville (cf. dossier Lycée Bougainville).

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

pierre ; maçonnerie ; enduit

Matériau(x) de couverture :

ardoise

Type de couverture :

toit à deux pans ; croupe

Partie de plan :

plan régulier

Vaisseaux et étages :

rez-de-chaussée ; 2 étages carrés ; étage de comble

État de conservation :

remanié

Localisation

Département :

44

Aire d'étude :

Bas-Chantenay, Nantes

Commune :

Nantes

Adresse :

Réformes

Rue :

Réformes

Latitude :

47,19892138 X

Longitude :

-1,59285458 Y

Intérêt et protection

Situation juridique :

propriété privée

Documentation

Annexe :

;Description de la maison de Chantenay par Raymond du Crest de Villeneuve, neveu de Jules Verne, en 1930.;;"La "MAISON DE CHANTENAY" était en face de l'Eglise. Un grand portail brun à deux battants donnait accès par une cour sablée à un pavillon d'un rez-de-chaussée, avec deux retours vers le mur d'entrée. La façade en était bordée de massifs de fleurs et d'arbustes (...) et à droite de la porte d'entrée deux tilleuls, à gauche un figuier dressaient leurs branches et les masses de leurs feuillages au-dessus du mur, laissant à peine deviner du dehors la façade du pavillon.;Le rez-de-chaussée sur la cour d'entrée était à l'étage sur le jardin, car la façade principale de la "MAISON DE CHANTENAY" donnait sur des jardins en contre bas du terre-plein de la place de l'Eglise. Les jardins que longeait le chemin en pente raide rejoignant près de l'usine PILON la route de la Roche-Maurice, étaient à flanc de coteaux en terrasse. Il y en avait deux : le premier contre la façade de la maison, jardin d'agrément, le second plus bas, jardin potager et fruitier.;Les pièces, salons, salle à manger, vestibule et chambres étaient donc à l'étage de ce côté. Au rez-de-chaussée, on trouvait la cuisine, l'office, la lingerie, un vaste bûcher, un billard, un fruitier et des caves qui venaient s'enfoncer sous la cour d'entrée.;La maison était simple et ses pièces très éclairées prenaient jour sur le jardin et la cour. C'était tout d'abord la salle à manger dans laquelle on entrait directement. Carrelée de carreaux rouges, avec quatre petits buffets dans les coins, elle donnait par une grande porte vitrée sur le jardin auquel on descendait par un double perron.;Deux portes donnaient accès à droite dans le salon : deux autres portes à gauche menaient l'une aux mansardes où étaient les chambres des domestiques, l'autre par un couloir aux chambres des Maîtres. Il y avait encore à la suite du salon, une ou deux chambres, un cabinet de toilette. Le lieu de réunion de la famille était la salle à manger, parfois aussi ,surtout à l'approche de l'hiver, la chambre des Grand'Parents.;Plus tard tout ceci se transforma peu à peu (...).;Sur la cour à droite, à la place de petits bâtiments de réserve et de hangars, contre le mur du chemin s'éleva un pavillon à un étage avec deux chambres de plus. La salle à manger devint un grand vestibule ; elle se transporta dans une vaste chambre à gauche ; Un pavillon qui se trouvait à la suite de cette pièce fut aménagé en deux chambres et un cabinet de toilette, enfin à gauche sur la cour, un rez-de-chaussée qu'on louait donnait sur la place de l'Eglise. PIERRE VERNE fit organiser au-dessus deux chambres.;Du côté du jardin où donnait la façade principale, le double perron était garni d'une glycine dont les grappes violettes et le feuillage s'enroulaient gracieusement autour des balustres de l'escalier. Des Bignonias et des glycines bordaient la façade, sous les fenêtres, et venaient retomber au-dessus du billard et de la lingerie. Devant le perron, des corbeilles de fleurs, zinias, pétunias, géraniums.;Les deux jardins se faisaient suite en terrasse. Le premier, planté en jardin français d'autrefois, ne tarda pas à être transformé par Pierre Verne, en jardin anglais ; (...).;Une allée de tilleuls taillées fut la seule partie qu'on en garda le long du mur en terrasse qui dominait le deuxième jardin ; c'était un promenoir bien exposé d'où on voyait la Loire et ses prairies, terminé par une charmille et une tonnelle qui donnaient sur le chemin. (...) J'ai connu dans ce jardin cinq beaux magnolias, sous lesquels couraient une allée ombragée où aimait à s'assoir la famille après les repas. On soignait et on conservait avec amour ces arbres que j'ai vu grandir, et autour d'eux des massifs d'arbustes et de fleurs.;Le jardin dépassait largement en surface la "MAISON" et se prolongeait sur la gauche par des pelouses et des massifs de fleurs, le long d'un mur parallèle à la façade et contre un mur en retour d'un jardin voisin. Plus tard PIERRE VERNE très amateur de fleurs y faisait construire une serre.;Au deuxième jardin, en contre bas du premier, on accédait par un escalier de pierre en forme de perron. C'était le jardin fruitier et le potager le mieux compris et le plus complet qu'on pût imaginer : des carrés égaux, garnis de buis et de fraisiers sur leur pourtour et aussi d'arbres fruitiers, poiriers, pêchers, pruniers, abricotiers, cerisiers, donnaient à la "MAISON" tous les légumes qu'il fallait. Des fruits ! On n'en savait que faire, certaines années tant ils étaient abondants ! Devant la terrasse, des platebandes bien exposées étaient garnies de fraisiers, des pêchers en espaliers se dressaient contre les murs ainsi que des poiriers et des pommiers ; au bas du jardin encore une allée de tilleuls taillés. (...). Je me suis efforcé de peindre la "MAISON". Peut-être les quelques croquis que je joins à ces souvenirs aideront ils à la mieux comprendre, ainsi que la Vie qu'on y menait".