Hôtel de la Haute-Mule

Angers intra-muros

Références

Auteur :

Letellier-d'Espinose Dominique ; Biguet Olivier

Date d’enquête :

1986

Commanditaire :

Région Pays de la Loire/Service du Patrimoine / Ville d'Angers - Service Patrimoine Historique, Inventaire.

Historique

Commentaire historique :
Propriété de l'abbaye de Fontevraud et connue sous ce nom dès le XIIIe siècle, l'hôtel de la Haute-Mule est reconstruit à partir de 1546 aux frais de René Collas, chanoine de la cathédrale et locataire des lieux, par l'architecte Nicolas Viriot dit le Lorrain (selon plusieurs marchés de construction). Le portail piétonnier sur rue (n° 15) présente une niche centrale avec la date 1550 et un socle vide qui devait porter une mule, emblème du lieu. Dès cette époque, un mur divise la cour d'entrée et le long corps de logis, entre partie neuve (n° 15) et partie plus ancienne qui fut simplement rhabillée (n° 13). Ce grand corps d'habitation appuie ses deux niveaux de caves sur le mur de l'enceinte urbaine du IIIe siècle qui longe la rue Toussaint. Attestés par les textes, la cuisine avec sa cheminée, le bûcher à côté, sont encore en place au premier niveau de sous-sol (n° 13). En 1653, la demeure passe de l'abbaye de Fontevraud à la famille Le Clerc, qui fait édifier le pavillon postérieur du logis, dominant la rue Toussaint et modifie la distribution intérieure. La pièce gauche du rez-de-chaussée conserve une cheminée du 4e quart du XVIIIe siècle, due à la famille de Varennes, propriétaire de 1680 à la Révolution. L'édifice est fortement remanié dans la 1ère moitié du XIXe siècle, notamment par la surélévation sur cour du logis et une pièce en hémicycle au sud. En 1851, l'édifice relève de deux propriétés (n° 13 et 15, séparation déplacée au niveau de la tour d'escalier). En 1855, la création d'un vestibule en avant-corps sur la cour d'entrée (n° 15) entraîne la destruction de l'aile latérale sud (où se situait la chapelle). Vers 1896, les lucarnes postérieures sont fortement restaurées. A partir de 1937, de lourds travaux menés par l'architecte Gabriel Baron, affectent la partie gauche du logis (n° 13) : reprise complète de la tour d'escalier, destruction de quatre lucarnes sur la rue Toussaint, conversion des communs sur rue (n° 13) en habitation. En 1992, la restauration du corps d'entrée (n° 15) a fait réapparaître un bandeau d'étage et une niche ronde avec l'empreinte d'un buste, au-dessus de l'actuelle porte cochère (du XIXe siècle).
Datation des campagnes principales de construction :

1ère moitié 16e siècle;2e moitié 16e siècle;16e siècle

Auteur Historique :

Viriot Nicolas, dit : Le Lorrain (maçon) ; Baron Gabriel (architecte)

Description Architecturale

Commentaire descriptif :

Edifice situé sur une très vaste parcelle de la Cité en bordure sud du rempart de ville (environ 1200 m2). Il est constitué d'un grand corps de logis de plan allongé et à travées, orienté sur une double cour d'entrée, principale et de service, son revers flanqué d'un corps en pavillon (angle sud-est), le long d'une terrasse sur le mur de ville antique. Parallèles au logis, deux corps de bâtiment secondaires bordent la rue : celui de droite (n° 15) formant galerie était traversé par un passage d'entrée piétonnier (muré, inscrit dans une composition à travée avec niches de couronnement) ; celui de gauche initialement destiné aux écuries comportait une porte charretière (n° 13). Un jardin en terrasse borde le logis à droite (vers ouest). Les élévations sont en schiste enduit, à l'exception du pignon gauche du grand corps de logis et du pavillon sud-est adjacent, en tuffeau. Les parties sur rue sont à un étage carré (probablement éclairé à l'origine de baies en plein-cintre, d'après les vestiges ou sources iconographiques) et comble à surcroît ; le grand corps d'habitation était originellement en rez-de-chaussée - surélevé sur la cour, de plain-pied sur la terrasse postérieure - et comble à surcroît, aujourd'hui à un étage carré (sauf la partie postérieure gauche, côté rempart, qui présente encore deux lucarnes en place). Les couvertures sont à longs pans et pignons couverts - un pignon découvert subsiste à l'extrémité droite du grand corps. Certaines surélévations se sont traduites par des combles brisés, sur la partie gauche. En façade du grand corps (un peu décentré), l'escalier principal est une tour demi-hors-oeuvre, initialement une vis en maçonnerie, aujourd'hui un escalier en bois, à retours avec jour, suspendu. Il était couvert d'un toit en pavillon, remplacé maintenant par deux longs pans et pignon couvert en façade. Il ne dessert aujourd'hui que la partie gauche (n° 13). Un escalier moderne dessert la partie droite (n° 15), également en bois, à retours avec jour, suspendu. Un corps de vestibule hors-oeuvre, monumental, précède cette partie droite remplaçant une aile en retour où se trouvait autrefois la chapelle. Le premier sous-sol (ancien niveau de service) est couvert de plafonds, le second (caves), de voûtes en schiste, en berceau segmentaire et en anse-de-panier.

Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :

schiste ; moellon ; enduit ; tuffeau ; moyen appareil ; appareil mixte

Matériau(x) de couverture :

ardoise

Type de couverture :

toit à longs pans ; toit à longs pans brisés ; pignon découvert ; croupe ; toit en pavillon ; noue ; terrasse

Vaisseaux et étages :

2 étages de sous-sol ; en rez-de-chaussée surélevé ; rez-de-chaussée surélevé ; 1 étage carré ; étage en surcroît

Type et nature du couvrement :

voûte en berceau segmentaire ; voûte en berceau en anse-de-panier

Emplacement, forme et structure de l’escalier :

escalier demi-hors-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente, suspendu ; escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente, suspendu

État de conservation :

restauré

Localisation

Département :

49

Aire d'étude :

Angers intra-muros

Commune :

Angers

Lieu :

Centre-ville (quartier)

Adresse :

Saint-Evroult

Rue :

Saint-Evroult

Latitude :

47,46946412 X

Longitude :

-0,55712440 Y

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre :

portail ; cheminée ; galerie

Situation juridique :

propriété privée

Documentation

Documents figurés :

Logis : élévation postérieure. photogr., début 20e siècle. In : RONDEAU, Edouard. L'Hôtel Haute Mule (XIIe-XXe siècle), Angers : Grassin, 1919, p. 3;Rive gauche, vue aérienne à hauteur de la rue Toussaint. Au premier plan, à droite : la Cité. Au centre de l'image : l'abbaye Toussaint. Au fond, le boulevard du Roi-René et la place de l'Académie à droite. Photogr., par Evers, Jean (photographe), 1920. (BM Angers : Ms. 1047 (906) f. 186)